Archives pour la catégorie REPRESENTATIONS / SPECTACLES

La Mère / 2002-2004

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« Nous n’étions pas les porte-parole de la morale, mais les porte-parole des victimes ». Bertolt Brecht

La Mère, pièce de Bertolt Brecht écrite en 1931, adaptée du roman de Maxime Gorki, se rapporte historiquement aux soulèvements révolutionnaires qui éclatèrent dans la Russie du début du vingtième siècle. « Qu’est-ce que je peux faire, moi, Pélagie Vlassova, veuve d’un ouvrier, mère d’un ouvrier ? » telle est l’interrogation de celle qui deviendra la Mère.

« Conquête du pouvoir, aveuglement des masses, rapport de l’individu face au groupe, utopie, politique ou encore révolution… autant d’interrogations posées par ce texte, interrogations qui ont conduit les Filles de la Pluie à une véritable recherche collective. En ce sens, il s’en dégage un parti pris politique, un choix de mise en scène « dialectico-sociale » et esthétique mais avant tout une série de questions ouvertes.
Brecht, en expérimentant la distanciation, processus théâtral, a probablement cherché à susciter au spectateur une analyse objective de la réalité sociale. Par les questionnements et contradictions du personnage emblématique de la Mère et par le développement épique du récit, il nous propose une série d’interrogations sur nos propres fonctionnements.
Le travail des treize comédiens des Filles de la Pluie est donc passé par une recherche profonde du sens de ce texte. En effet, à partir de l’étude de chaque scène, nous avons souhaité dégager des thèmes de société, découvrant ainsi les subtilités et les résonances contemporaines de ce texte écrit au milieu du vingtième siècle.
Sur scène, il s’agissait d’un véritable chœur interprétant avec prudence cette écriture par, notamment, le chant, la musique et le dynamise caractérisant le jeu des comédiens de la compagnie.
Lors de ce travail, différentes phases de transformations plus ou moins douloureuses et d’échanges passionnants se sont succédé provoquant sans cesse un mouvement vers le résultat…la représentation qui n’est finalement que l’aboutissement d’un chemin aventureux.
Cette formule dialectique nous a convaincus que « celui qui vit encore ne doit pas dire : jamais ! » comme semble vouloir nous l’enseigner Pélagie Vlassova, veuve d’un ouvrier, mère d’un ouvrier. » Lionel Jaffrès

Lu dans la presse:
« (…)Menée avec intelligence et maîtrise par l’ensemble des acteurs, la pièce raconte l’histoire d’un engagement aussi total qu’inattendu. Dynamique, la mise en scène de Lionel Jaffrès donne sens à ce texte fondé sur la réflexion idéologique. On aurait pu craindre que la trame politique étouffe l’action et le rythme, au contraire elle les nourrit. Discours et revendications fusent en embardées musicales. Lesquelles, jouées sur scène, surprennent autant qu’elles conviennent au parfum de révolution. Les ouvriers chantent, le ballet révolutionnaire s’insurge, les bruitages amplifient le tumulte et les coups. Les scènes retentissent, certaines plus que d’autres, mais le message résonne encore.(…) »
Angélique Jégou, Ouest France du 4 avril 2003

«  (…)La rencontre de Brecht et des Filles de la Pluie était inévitable. Ils partagent un goût profond pour un théâtre ancré dans la réalité sociale. Pour interpréter cette mère omniprésente de Brecht, les Filles de la Pluie s’appuient en permanence sur deux comédiennes, Béa Roué et Mireille Cann. Elles fonctionnent autant en écho qu’en choeur donnant un poids essentiel à ce personnage hors normes. Derrière Pélagie, la troupe brestoise cultive mouvements de foule, portraits de groupe, envolées chantées et musicales, un registre habituel chez elle mais qui renvoie particulièrement à l’esprit l’image d’une solidarité ouvrière russe accrochée à son drapeau rouge.(…) »
Christian Campion, Le Télégramme du 4 avril 2003

Mise en scène 
Lionel Jaffrès
Comédiens
Anne Martin Gallou
Jean-Yves Pochart
Yseult Lebrun
Maryline Page
Mireille Cann
Béa Roué
Nicolas Sarrazin
Stéphanie Doroche
Mannick Simon
Lag
Sébastien Durand
Musique 
Fabrice Lousin
Thomas Cloarec
Agnès
Création chants 
Béa roué
Lumières
Franck Arvers
Costumes 
Maryline Page
Décors 
Claude Divanach

La crosse en l’air / 2007-2011

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« C’est le soir. Ça se passe rue de Rome, près de la gare Saint-Lazare ».

Un évêque dans le ruisseau vomit tout ce qu’il a bu. Un chien en profite pour lui voler sa mitre. Et un veilleur de nuit rêve du Vatican…
La compagnie Les Filles de la pluie a choisi un texte méconnu parmi les plus radicaux qu’ait écrits Prévert, loin des clichés aseptisés attachés à son nom. Elle s’est retrouvée dans ce virtuose jeu de casse-pipe, dans sa lucide colère et son rire fou.

Dans la brûlante beauté du blasphème,
dans la salutaire jouissance de l’invective.

« et c’est des pièces terribles que ça joue / pas des tragédies à guirlandes avec des bonzes d’autrefois qui débloquent comme à l’église des histoires de fesses qui riment… / mais des pièces avec des hommes de viande ». J. Prévert

En 2007, Les Filles de la pluie ont été séduites par le texte incisif de Prévert, La crosse en l’air qu’elles ont tout d’abord présenté au Stella puis dans d’autres théâtres et festivals avant de se lancer dans La tournée du Pape (version cabaret). Sous cette forme de « théâtre de comptoir », ce spectacle est celui qui a le plus tourné et a écumé de multiples cafés de Brest à Lille ou encore de Cherbourg à Bruxelles.
En octobre 2007, un ensemble de projet proteurs (Spectacle des Piqueteros, Politique Qualité avec des ouvrières de l’Usine Jabil de Brets) ont été rassemblés dans un événement intitulé OctobreS, en référence au Groupe Octobre de Jacques Prévert. Parrainé par la Maison du théâtre de Brest et le Patronage Laïque du Pilier Rouge, OctobreS a présenté ces spectacles durant deux semaines, ainsi que des conférences sur le théâtre militant, l’ensemble ayant réuni près de 1 500 personnes.

Lu dans la presse :
« (…) Durant une heure et demie, le public déguste cette révolte, chantée, pleurée et parfois amusée, dans une mise en scène riche et mouvementée. » Le Télégramme, le 06.10.2007
« (…) Prévert est radical, il joue avec les mots, et son art du blasphème est réjouissant. Ce texte méconnu, qui n’était pas destiné au théâtre, est dit, clamé, chanté, hurlé, par trois hommes et quatre femmes, aux rôles plus ou moins définis. C’est la parole qui s’élève, et le ton, qui compte. Les comédiens des Filles de la Pluie réussissent à porter ce texte difficile, à lui donner une voix, à la faire résonner. » Ouest France, le 06.10.2007

Mise en scène
Jean-Manuel Warnet
Comédiens
Jean-Yves Pochart
Sébastien Durand
Yseult Lebrun,
Anne Martin Gallou ou Jean Manuel Warnet
Emmanuelle Langlois
Mannick Simon (2007)
Armelle Gueguen
Lag
Musique
Eric Pellerin & Bernard Hugues
Lumières
Franck Buzz
Costumes
Lucie Pennec
Scénographie, conception décors & visuels affiche
Tita Guery

2007-2011 La Tournée du Pape
La Crosse en l’air – version théâtre
2007
Du 3 au 13 octobre / Festival OctobreS / Le Stella – Brest (29)
3 novembre / Riec sur Belon (29)
2008
3 mai / Festival de Josselin (56)
22 & 23 mai / Colloque « Caricatures et Religions » / salle du Clous – Brest (29)
29 mai / Festival Les Théâtrales / Quimper (29)
20 juin / Festival de Kerhervy / Lanester (56)
2009
24 janvier / MJC de la Corniche / Morlaix (29)
30 mai / Festival Les Théâtrales / Douarnenez (29)
10 octobre / Festival international Theatra / Saint-Louis (68) – 2ème prix du Festival

La Crosse en l’air – LA TOURNEE DU PAPE version cabaret- café
2009
22 février / Le Dolenn / Plouguerneau (29)
27 février / Le Môle / Lampaul Plouarzel (29)
28 mars / Le Trémargad Café / Trémargat (22)
2 avril / Le Réveil Matin / Landerneau (29)
9 avril / Le Paul Art’s Café / Daoulas (29)
25 avril / Ar Ménez / Tréflez (29)
30 avril / L’Escale / Landeda (29)
13 mai / Le Caravansérail / Brest (29)
22 mai / L’Autre Rive / Berrien (29)
3 juin / Le Tir Na Nog / Brest (29)
5 juin / Le Mod-all / Carhaix (29)
24 juin / Le Vauban / Brest (29)
28 juin / Les Beaux Dimanches / Brest (29)
4 juillet / Le Steven / Camaret (29)
31 décembre / L’Escale / Landeda (29)
2010
14 février / Chapiteau dans le cadre du Cirque d’Hiver / Le Relecq Kerhuon (29)
27 mars / Festival Luttes en scènes / Salle des conférences / Brest (29)
30 mars / La Bodega / Brest (29)
25 avril / Chez Emile / Brest (29)
22 mai / Festival Forêt en scènes / La Forêt Fouesnant (29)
11 juin / Le Barr Avel / Cleden (29)
18 juin / Le Tempo / Morlaix (29)
23 juin / La Bodega / Brest (29) avec le groupe Petit Moineau
25 juin / Le Bretagne / Plougastel Daoulas (29)
26 juin / Le Ty Korn / Ouessant (29)
3 juillet / L’Ecart / Lille (59)
7 juillet / Café des Halles St Géry / Bruxelles (BE)
8 juillet / Brasserie de L’Union – St Gilles / Bruxelles (BE)
8 juillet / Café le Dolle Mol / Bruxelles (BE)
9 juillet / L’Illustration / Lille (59)
14 novembre / Anniversaire – 25 ans ADEC 35 / Rennes (35)

2011
14 mai / Inauguration de L’Attribut / Brest (29)
11 juin / Le Ballon Rouge / Cherbourg (50)
11 juin / Le Petit Parapluie / Cherbourg (50
12 juin / Café du Port / Carterêt (50)
2 octobre / Le Tapecul / L’Auberlach – Plougastel Daoulas (29)

Chats souris (moutons) / 2005-2006

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L’auteur : Gregory Motton
Né à Londres en 1961, mère irlandaise, père anglais. Il vit à Londres. Motton manie l’ironie et la provocation dans cette comédie grinçante à l’humour ravageur. L’auteur, un des plus novateurs dramaturges d’outre-Manche, se révèle surtout comme un grand satiriste de notre temps.

La pièce : « Chat et souris (moutons) »

Un épicier londonien en butte à la concurrence et plaqué par sa femme, décide de se hisser jusqu’à la souveraineté. Le voilà donc « empereur royal », métamorphosé subitement en grand Khan. Figure de la démocratie libérale, blason de la tyrannie, spectre de l’intolérance, miroir de la connerie, il est secondé par son tonton et sa tata qui l’accompagnent dans ses délires.

A travers un quotidien britannique largement transposable à la société française, ce spectacle cherche à traduire un monde chaotique soumis aux exigences du capitalisme. Il pose le constat d’une réalité dans laquelle les valeurs nécessaires à la croissance économique, à la consommation, en viennent à remplacer toutes les autres ; qui envahissent même notre idée de la communauté humaine et notre conception d’une destinée individuelle.

Provocateur et sans concession, « Chat et souris (moutons) » embarque le spectateur à travers une satire de la société et l’invite à s’interroger et à se positionner. Les personnages démultipliés, tous plus cyniques les uns que les autres, évoluent dans un univers sombre où seul le pouvoir et l’argent scintillent. Au sein de ce chaos obscène et hystérique surgissent des évocations de l’actualité sociale brûlante et montrent du doigt avec un impitoyable humour grinçant.

Comédiens
Claude DIVANACH
Thierry LAGADEC
Maryline PAGE
Mannick SIMON
Anne MARTIN GALLOU
Emmanuelle LANGLOIS
Sébastien DURAND
Yseult LEBRUN
Jean-Yves POCHART
Création décors
Claude DIVANACH
Conception lumières
Frank BuZZ
Musique
Pol QUIGUER
Dessins/scénographie/visuels
Nicolas FILLOQUE
Traduction
Nicole BRETTE
Harold MANNING

Pluie du désert / 2001

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Cette pièce présente des images et impressions de huit personnes lors d’un voyage de six mois à travers l’Afrique.
Le travail de création du spectacle  » Pluies de désert  » a consisté en une recherche collective (écriture et mise en scène) s’inspirant des impressions ressenties et des situations vécues lors de notre voyage effectué à travers le Maroc, la Mauritanie et le Mali, de novembre 2000 à mai 2001. Il en ressort des tableaux, des personnages, des objets et des émotions.

« En laissant libre court à l’imaginaire de chacun, nous avons construit des images scéniques de notre expérience : huit toubabs, huit blancs qui ne comprennent pas tout ce qui leur est arrivé mais ayant beaucoup de choses à exprimer.
A travers ce spectacle, nous avons essayé de retrouver l’espace-temps africain avec un rythme volontairement brouillé où les codes de communication sont complètement différents. De l’émerveillement au milieu du désert du Sahara à l’écœurement devant certaines injustices, nous avons voulu, simplement, proposer notre interprétation de toutes les richesses que nous avons pu découvrir. » Lionel Jaffrès

Le fil conducteur est une histoire africaine :
Alors que dans le village on souffre de la faim et de la soif car la pluie n’est pas tombée depuis plusieurs mois, il règne une atmosphère étrange. On cherche des explications.
Serait-ce une vengeance des Dieux, du grand serpent Bida ? Ou peut-être serait-ce à cause de ces blancs et leur fusée Apollo qui ont marché sur la Lune ?

Lu dans la presse :
 » (…) Les éclairages sur la réalité de l’Afrique du nord-ouest sont indirects mais très révélateurs d’un coup de foudre partagé d’incompréhension. Cela chante, cela danse, cela s’enfle dans le vent, mêlant les genres, les envies, les marionnettes géantes aux  » combis « de télévision… Un terrain d’expression très décalé qui saucissonne la légende comme si chacun avait encore du mal à mettre en ordre toutes les impressions ressenties durant ces six mois. Après ce parcours très chaotique sur les routes africaines comme dans les souvenirs des protagonistes de cette aventure, la pluie du désert finit par tomber sur scène. C’est comme si la nature reprenait enfin sa place devant les délires des hommes. Comme si elle mettait un peu d’ordre dans nos têtes.  »
Christian Campion, le Télégramme, le 28 septembre 2001.

 » Pluies de désert. L’Afrique est là. En évidence dans l’encens ramené du Mali, dans les objets de la vie quotidienne dispersés dans le hall d’accueil et sur scène. Dans la bande son qui accompagne une partie du spectacle, restituant les bruits de la vie et des conversations dans les cours et les rues. Dans le masque, les comptines, l’éventail de paille abîmé qui éloigne les mouches. De manière distanciée, plus évocation qu’illustration, dans la musique jouée en direct sur scène, dans les postures des comédiens, dans leurs costumes aux couleurs de terre, de sable et de latérite, dans la lueur des lampes à pétrole (…). » Josiane Guéguen, Ouest France, le 28 septembre 2001.

Comédiens
Claude Divanach
Stéphanie Doroche
Sébastien Durand
Séverine Ortolan
Béa Roué
Mannick Simon
et avec la voix de Romu.
Mise en scène
Lionel Jaffrès
Technique générale (scénographie et lumières)
Fabrice Ollivier
Jean-Christophe Kerdommarec
Eddy Chanson
Percussions
Fabrice Louisin (groupe Yog Sothoth de Brest)
Technique son
Rolland Auffret et des étudiants de la MST Image & son de l’UBO
Costumes
Babeth Martin
Vidéo
Sébastien Durand

et dix personnes responsables des manipulations des décors et des marionnettes
(comédiens des Filles de la Pluie et du PantEatR)

Chroniques des jours entiers, des nuit entières / 2001-2002

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Ce spectacle a été monté sous la direction de Laëtitia Mentec alors que l’autre partie de la compagnie voyageait à travers l’Afrique. Il a donné lieu à de nombreuses représentations à Brest (Le Vauban, Festival Enrageons-nous, etc.) et a notamment été sélectionné par le Festival Théâtra, Festival International de Théâtre Amateur de Saint Louis (Alsace).

« De petits événements, croqués à chaud, comme des instantanés, de petits polaroïds. Ce sont des bribes, de petites coupures, des voix qui éclatent doucement, les voix de tout le monde et de personne, du sourire caché à la violence des jours entiers, des nuits entières. »  Xavier Durringer

« Sans charlatanerie, Durringer sait distinguer d’instinct, l’important de la vétille. Du fameux « je ne cherche pas, je trouve » de Picasso, il a saisi (peut-être même sans le savoir) que l’essentiel n’était pas de chercher son homme, mais de faire avec ce qui était déjà là. Ce qui crie et aime, ce qui tremble et surtout cela qui a peur. Des éléments épars et frémissants de la bête humaine, il crée un théâtre à la fois vulgaire et sacré ». Robert Cordier – mars 1996.

Lu dans la presse:
 » Le jeu est très bien servi par une volonté de rester dans l’expérimental : les spectateurs ne voient pas tous la même pièce, car, placés autour des comédiens, ils assistent à diverses conversations, sans toujours écouter ce qui se passe au centre de la piste. Et si, parfois, les personnages ont l’air de caricatures, c’est que l’art imite bien le réel, que tout le monde parle et s’agite, mais que personne n’écoute. Ainsi découpés dans un espace-temps symptomatique, ces êtres sont vulnérables, ce qui ne les empêche pas d’être drôles. ». Ouest France, le 15 juin 2001
 » Toute cette douleur, dure à avaler, est portée par la furieuse énergie qui caractérise le travail des Filles de la Pluie. Il trouve toute sa justesse dans le final où les sept comédiens, dans un chœur solidaire, chantent une litanie terrible. De notre monde imparfait, rien ne les concerne.  » Je m’en fous de tout ce qui se passe… « , déclinent-ils de longues minutes. La liste de leur désenchantement est terrible. Elle remplirait des nuits entières ». Christian Campion, Le Télégramme, le 14 juin 2001

Mise en scène 
Laëtitia Mentec
Comédiens
Jean-Yves Pochart
Yseult Lebrun
Maryline Page
Anne Martin Gallou
Lag
Titi Cloâtre
Josselin Tallermin
Costumes 
Laëtitia Mentec

Outrage au public / 2000

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Présentée au Vauban en 2000 lors du Théâtre Furieux organisé par Les Filles de La Pluie, la pièce Outrage au Public de Peter Handke a su trouver toute sa résonnance auprès d’un public captif et réactif à ce théâtre cru.

 » ce soir on ne joue pas… Vous ne vous attendiez quand même pas à une histoire « . Nous faisons du théâtre parce que nous parlons sur une scène». (Outrage au public).

Les acteurs s’adressent au public, trichent parce qu’ils ne veulent pas jouer le jeu illusionniste du théâtre. Le théâtre de Handke tente d’épuiser cette question : qu’est-ce que parler ? Ainsi les pièces parlées utiliseront le langage naturel de l’insulte, de l’introspection, de l’aveu, de l’affirmation, de l’interrogation, de la justification, de la dissimulation, de la prédiction, du cri de détresse. Mais parler c’est aussi avoir du mal à parler, c’est être obligé de réinventer la parole. C’est le thème de Gaspard, compliqué de l’idée que le langage est une torture : on fait parler Gaspard. L’acte de parler est lié à la culpabilité ; pour Handke, il n’y a pas de parole innocente »

Comédiens
Jean-Yves Pochart
Yseult Lebrun
Anne Martin Gallou
Claude Divanach
Thierry Cloâtre
Sébastien Durand
Lag
Mise en scène
Lionel Jaffrès

BELLA CIAO (la guerre de mille ans) / 1999-2000

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En vue de la première édition du Théâtre Furieux, nous avons travaillé sur ce texte de l’auteur surréaliste Fernando Arrabal. Le spectacle de 40 minutes a été présenté en extérieur et dans des salles de théâtre. De la place Guérin le 1er mai à Brest au festival « la fontaine aux chevaux » à Lanester en passant par le festival de théâtre de rue FAR de Morlaix, cette pièce a été jouée de nombreuses fois dans la région. Elle a été reconnue par le jury de Festhéa, festival national de Tours, comme deuxième représentante de la Bretagne en 2000.
Bella ciao comporte trois volets (interchangeables) consacrés à des sujets brûlants : la culture de classe, les jeux du profit dans la société capitaliste avec leur aboutissement, le colonialisme et enfin la répression.
Ces thèmes ont donc été traduits sous forme de spectacle en essayant de trouver à chaque fois une forme dramaturgique, visuelle et musicale différente où le rituel (rendu dérisoire) et la cérémonie de la mort, ont trouvé leur place. Ce spectacle ne se veut pas didactique, ni réservé à des initiés. S’il ne donne aucune chance à l’idéologie bourgeoise, il ne se complaît pas non plus dans des propos triomphalistes et velléitaires, quitte à paraître plus pessimiste que ne le démontre le rapport des forces dans le monde aujourd’hui. Le théâtre n’est que la réalité et les rêves transposés au niveau d’une écriture scénique, spécifique et précise. Il n’est pas aussi redoutable ni aussi dangereux que d’autres formes de lutte.
Jorge Lavelli

Comédiens
Jean-Yves Pochart
Yseult Lebrun
Anne Martin Gallou
Sébastien Durand
Thierry Lagadec
Marina Thouément
Claude Divanach
Romuald Jaffrennou
Thierry Cloâtre
Mise en scène
Lionel Jaffrès
Création chants
Clément Lebrun
Léna Perrot

Capitaine Schelle & Capitaine Eçço / 1998-1999

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« En ne livrant dans mes livres que des réponses incomplètes, je fais appel à l’autre, au lecteur. Je parie sur sa liberté. Je lutte contre le monde des images – il y a trop d’images qui tuent l’imagination – pour que le lecteur entre dans l’univers de l’énigme, celui où renaît l’imagination. » Rezvani

Cela pourrait être l’histoire merveilleuse d’une famille de milliardaires fabuleux qui s’abandonne aux délices d’une croisière idyllique sur un yacht magnifique. Mais comme ce beau bateau tient aussi du pétrolier – ses soutes sont pleines de « pétroles bruts », gardés par des rangers. Ses passagers, les capitaines Schelle, Eçço et Elfe, leurs épouses et maîtresses, et leur mère à tous Démocratia Totale Totale, victimes de la verve d’un poète à l’imagination débridée et succombant à la révolte des « pétroles bruts », apparaissent comme les tenants dérisoires d’un monde en décrépitude.
« Avant tout, cette pièce est une pièce qui dit la connivence. Et ainsi a-t-elle été reçue. Si on la lit dans l’instant, dans ce qu’on nomme « l’air du temps », elle garde, pris en elle, les rires parfois féroces, toujours juvéniles, du temps de 1968 en France. Mais à plus long terme une autre lecture, celle-là inquiétante, présageant de terribles catastrophes, s’impose. Plus que jamais le navire-pétrolier (le yacht-pétrolier) dérive. A la seule différence que les enfants des pétroliers ont réintégré le pont du Biâfreur et que, jusqu’à nouvel n’ordre, ils souhaiteraient vaillamment prendre la relève, mais…
Cette pièce est une allégorie. Tous les personnages sont allégoriques. L’action, le lieu, le temps de l’action en ce non-lieu relèvent de l’allégorie. Nul réalisme, nuls cris ne doivent marquer, charger, dévier ce qui doit rester le plus près possible de la synthèse, de la machine vivante et mathématique du travail dramatique froid qu’impose le « trop » qu’on trouvera dans cet écrit. »
Rezvani, 1994

« Qu’est-ce que ça peut nous foutre à nous autres puisque c’est leur Terre, leur Lune, leur Soleil, leur Océan… Ils nous ont dépossédés de tout, ils nous ont volé le temps, les éléments, et même les beautés naturelles, ils nous ont mis à gauche, ils nous ont plus maltraités que les derniers de leurs animaux, ils nous ont dévorés jour après jour, morceau après morceau. Aujourd’hui il nous faut réunir tous nos frères, rien ne sert d’attendre, rien ne sert d’être doux et humbles et coopératifs, seuls les forts ont droit à ce monde. Que la longue leçon nous serve aujourd’hui. Que l’idée de violence entrée dans nos tête à la force du fouet resurgisse encore plus violente avec usure et intérêt ! »
Oeil pour oeil.

Comédiens

Thierry CLOATRE
Claude DIVANACH
Thierry LAGADEC
Anne GALLOU-MARTIN
Romuald JAFFRENNOU
Laëtitia MENTEC
Sylvia JEZEQUEL / Sébastien DURAND
Manu MONFORT / Erwan CLOAREC
Yseult LEBRUN
Fanch THOUEMENT / Jean-Yves POCHARD
Marina THOUEMENT
Mise en scène
Lionel JAFFRES
Décors
Claude DIVANACH
Création Lumières
Erwan CLOAREC
Nono QUENEA
Affiche
Nathalie PETIT-GUDENCHET
Avec la participation de
Thomas CLOAREC
Léna PERROT
Elisa OHAYON
Bruno QUENEA
David CALVEZ
REMERCIEMENTS
Ville de Brest
Conseil Général du Finistère
CROUS & UBO
La Ferme Jestin
Cie FALTAZI

Le bouc & Anarchie en Bavière / 1997-1998

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Ces deux pièces de Rainer Werner Fassbinder sur les thèmes du racisme et du fascisme sont présentées huit fois dans la région :
Cabaret Vauban,
Rencontres de Théâtre Amateur de Brest,
Faculté Victor Segalen (au profit du secours populaire français),
Jeudis du Port de Brest,
festival de théâtre amateur de Carhaix,
festival de la Fontaine aux Chevaux à Lanester…
Dans le cadre de la semaine contre le racisme 98, le spectacle a été joué deux fois à Vitrolles le 6 avril 98 en soutien au Centre Social Calcaïra dépossédé de ses locaux par la municipalité FN.

LE BOUC (1968)
Équivalent du mot «Katzelmacher» (faiseur de chatons) par lequel on désigne en Allemagne du sud les travailleurs venus d’Italie. «le bouc» désigne en France, injurieusement, le travailleur maghrébin. Ce nom traduit le mépris racial et l’envie sexuelle que Jorgos, ce « Grec de Grèce », provoque malgré lui dans une bourgade bavaroise. Faite d’une série de séquences brèves, la pièce est le patient tissage d’un réseau associatif de mots et de phrases, rhétorique quotidienne dans et par laquelle s’annonce le meurtre rituel de « l’autre ».

ANARCHIE EN BAVIÈRE (1969)
Par son histoire, Anarchie en Bavière est une pièce de science-fiction naïve. Des jeunes gens font la révolution en Bavière. Après avoir été une Anarchie, la région non défendue militairement est occupée.Sur un fond satyrique et grinçant, la pièce s’oppose à une révolution « à la va-vite », plaide pour une « longue marche », une révolution dans la conscience des révolutionnaires d’abord, puis dans celle des citoyens.

Cette pièce fut la premier choix d’engagement politique pour les Filles de la Pluie et peut-être celle d’un début de maturité théâtrale dans la mise en scène, le jeu et le choix des textes. C’est ce spectacle que nous avons présenté à Vitrolles.

« Le réalisme que j’ai en tête et que je veux faire, c’est celui qui se passe dans la tête du spectateur et pas dans celui qui se trouve sur l’écran ou sur scène, celui-là ne m’intéresse absolument pas, les gens l’ont sous les yeux tous les jours. Ce que je veux, c’est un réalisme ouvert, qui ouvre la voie au réalisme, et non un réalisme provocateur qui fait que les gens se ferment. »
R W Fassbinder

Mise en scène
Lionel JAFFRES
Comédiens
Thierry CLOATRE
Marco LANOUILLET
Tiphaine LEBRUN
Yseult LEBRUN
Marc LE DREVES
Sophie LE GALL
Frédéric MARIN
Fanny ORSI
François THOUEMENT
Marina THOUEMENT

Lumières

Bastien WEBER
Affiche
Nathalie PETIT-GUDENCHET