Capitaine Schelle & Capitaine Eçço / 1998-1999

01capitaineshelle

« En ne livrant dans mes livres que des réponses incomplètes, je fais appel à l’autre, au lecteur. Je parie sur sa liberté. Je lutte contre le monde des images – il y a trop d’images qui tuent l’imagination – pour que le lecteur entre dans l’univers de l’énigme, celui où renaît l’imagination. » Rezvani

Cela pourrait être l’histoire merveilleuse d’une famille de milliardaires fabuleux qui s’abandonne aux délices d’une croisière idyllique sur un yacht magnifique. Mais comme ce beau bateau tient aussi du pétrolier – ses soutes sont pleines de « pétroles bruts », gardés par des rangers. Ses passagers, les capitaines Schelle, Eçço et Elfe, leurs épouses et maîtresses, et leur mère à tous Démocratia Totale Totale, victimes de la verve d’un poète à l’imagination débridée et succombant à la révolte des « pétroles bruts », apparaissent comme les tenants dérisoires d’un monde en décrépitude.
« Avant tout, cette pièce est une pièce qui dit la connivence. Et ainsi a-t-elle été reçue. Si on la lit dans l’instant, dans ce qu’on nomme « l’air du temps », elle garde, pris en elle, les rires parfois féroces, toujours juvéniles, du temps de 1968 en France. Mais à plus long terme une autre lecture, celle-là inquiétante, présageant de terribles catastrophes, s’impose. Plus que jamais le navire-pétrolier (le yacht-pétrolier) dérive. A la seule différence que les enfants des pétroliers ont réintégré le pont du Biâfreur et que, jusqu’à nouvel n’ordre, ils souhaiteraient vaillamment prendre la relève, mais…
Cette pièce est une allégorie. Tous les personnages sont allégoriques. L’action, le lieu, le temps de l’action en ce non-lieu relèvent de l’allégorie. Nul réalisme, nuls cris ne doivent marquer, charger, dévier ce qui doit rester le plus près possible de la synthèse, de la machine vivante et mathématique du travail dramatique froid qu’impose le « trop » qu’on trouvera dans cet écrit. »
Rezvani, 1994

« Qu’est-ce que ça peut nous foutre à nous autres puisque c’est leur Terre, leur Lune, leur Soleil, leur Océan… Ils nous ont dépossédés de tout, ils nous ont volé le temps, les éléments, et même les beautés naturelles, ils nous ont mis à gauche, ils nous ont plus maltraités que les derniers de leurs animaux, ils nous ont dévorés jour après jour, morceau après morceau. Aujourd’hui il nous faut réunir tous nos frères, rien ne sert d’attendre, rien ne sert d’être doux et humbles et coopératifs, seuls les forts ont droit à ce monde. Que la longue leçon nous serve aujourd’hui. Que l’idée de violence entrée dans nos tête à la force du fouet resurgisse encore plus violente avec usure et intérêt ! »
Oeil pour oeil.

Comédiens

Thierry CLOATRE
Claude DIVANACH
Thierry LAGADEC
Anne GALLOU-MARTIN
Romuald JAFFRENNOU
Laëtitia MENTEC
Sylvia JEZEQUEL / Sébastien DURAND
Manu MONFORT / Erwan CLOAREC
Yseult LEBRUN
Fanch THOUEMENT / Jean-Yves POCHARD
Marina THOUEMENT
Mise en scène
Lionel JAFFRES
Décors
Claude DIVANACH
Création Lumières
Erwan CLOAREC
Nono QUENEA
Affiche
Nathalie PETIT-GUDENCHET
Avec la participation de
Thomas CLOAREC
Léna PERROT
Elisa OHAYON
Bruno QUENEA
David CALVEZ
REMERCIEMENTS
Ville de Brest
Conseil Général du Finistère
CROUS & UBO
La Ferme Jestin
Cie FALTAZI