La Mère / 2002-2004

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« Nous n’étions pas les porte-parole de la morale, mais les porte-parole des victimes ». Bertolt Brecht

La Mère, pièce de Bertolt Brecht écrite en 1931, adaptée du roman de Maxime Gorki, se rapporte historiquement aux soulèvements révolutionnaires qui éclatèrent dans la Russie du début du vingtième siècle. « Qu’est-ce que je peux faire, moi, Pélagie Vlassova, veuve d’un ouvrier, mère d’un ouvrier ? » telle est l’interrogation de celle qui deviendra la Mère.

« Conquête du pouvoir, aveuglement des masses, rapport de l’individu face au groupe, utopie, politique ou encore révolution… autant d’interrogations posées par ce texte, interrogations qui ont conduit les Filles de la Pluie à une véritable recherche collective. En ce sens, il s’en dégage un parti pris politique, un choix de mise en scène « dialectico-sociale » et esthétique mais avant tout une série de questions ouvertes.
Brecht, en expérimentant la distanciation, processus théâtral, a probablement cherché à susciter au spectateur une analyse objective de la réalité sociale. Par les questionnements et contradictions du personnage emblématique de la Mère et par le développement épique du récit, il nous propose une série d’interrogations sur nos propres fonctionnements.
Le travail des treize comédiens des Filles de la Pluie est donc passé par une recherche profonde du sens de ce texte. En effet, à partir de l’étude de chaque scène, nous avons souhaité dégager des thèmes de société, découvrant ainsi les subtilités et les résonances contemporaines de ce texte écrit au milieu du vingtième siècle.
Sur scène, il s’agissait d’un véritable chœur interprétant avec prudence cette écriture par, notamment, le chant, la musique et le dynamise caractérisant le jeu des comédiens de la compagnie.
Lors de ce travail, différentes phases de transformations plus ou moins douloureuses et d’échanges passionnants se sont succédé provoquant sans cesse un mouvement vers le résultat…la représentation qui n’est finalement que l’aboutissement d’un chemin aventureux.
Cette formule dialectique nous a convaincus que « celui qui vit encore ne doit pas dire : jamais ! » comme semble vouloir nous l’enseigner Pélagie Vlassova, veuve d’un ouvrier, mère d’un ouvrier. » Lionel Jaffrès

Lu dans la presse:
« (…)Menée avec intelligence et maîtrise par l’ensemble des acteurs, la pièce raconte l’histoire d’un engagement aussi total qu’inattendu. Dynamique, la mise en scène de Lionel Jaffrès donne sens à ce texte fondé sur la réflexion idéologique. On aurait pu craindre que la trame politique étouffe l’action et le rythme, au contraire elle les nourrit. Discours et revendications fusent en embardées musicales. Lesquelles, jouées sur scène, surprennent autant qu’elles conviennent au parfum de révolution. Les ouvriers chantent, le ballet révolutionnaire s’insurge, les bruitages amplifient le tumulte et les coups. Les scènes retentissent, certaines plus que d’autres, mais le message résonne encore.(…) »
Angélique Jégou, Ouest France du 4 avril 2003

«  (…)La rencontre de Brecht et des Filles de la Pluie était inévitable. Ils partagent un goût profond pour un théâtre ancré dans la réalité sociale. Pour interpréter cette mère omniprésente de Brecht, les Filles de la Pluie s’appuient en permanence sur deux comédiennes, Béa Roué et Mireille Cann. Elles fonctionnent autant en écho qu’en choeur donnant un poids essentiel à ce personnage hors normes. Derrière Pélagie, la troupe brestoise cultive mouvements de foule, portraits de groupe, envolées chantées et musicales, un registre habituel chez elle mais qui renvoie particulièrement à l’esprit l’image d’une solidarité ouvrière russe accrochée à son drapeau rouge.(…) »
Christian Campion, Le Télégramme du 4 avril 2003

Mise en scène 
Lionel Jaffrès
Comédiens
Anne Martin Gallou
Jean-Yves Pochart
Yseult Lebrun
Maryline Page
Mireille Cann
Béa Roué
Nicolas Sarrazin
Stéphanie Doroche
Mannick Simon
Lag
Sébastien Durand
Musique 
Fabrice Lousin
Thomas Cloarec
Agnès
Création chants 
Béa roué
Lumières
Franck Arvers
Costumes 
Maryline Page
Décors 
Claude Divanach